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      Analyse Trail de la Fleur du Roy

      Je ne pouvais manquer l’occasion de participer à ce Trail sur les chemins de Corrençon, magnifique lieu de pèlerinage pour les skieurs, les golfeurs, les randonneurs, les VTTistes et les orienteurs. Le parcours annoncé était bien plus roulant que la semaine dernière à Chamrousse, mais pas pour le moins ennuyeux. L’enchaînement de petites montées et de descentes techniques allait rendre la course très intéressante. Et ce fût le cas !

      Figure 1 : Profil du Trail de La Fleur du Roy, avec la puissance (rouge), et les montées sélectionnées pour l’analyse.

       

      La moyenne de course est de 12,2 km/h pour un CVI (Course Variability Index, ou indice de variabilité) de 40, donc plutôt roulant sur le papier.
      Par comparaison, le CVI du Championnat de France de Trail court à Montgenèvre était de 60, donc bien plus montagneux, et couru avec une moyenne de 12,6 km/h. Tout ça au-dessus de 1800M d’altitude. Ca envoie du lourd !
      Il serait intéressant de voir les données de puissance des meilleurs traileurs pour voir à quel pourcentage de leur puissance critique ascensionnelle (PCa) ils sont capable de courir.
      Pour info, un marathonien de très haut niveau est capable de maintenir une puissance équivalente à 96% de la PC sur plus de 2h ! C’est impressionnant sachant qu’un coureur lambda à un temps limite à PC d’environ 45 minutes. (Voir article sur la PC)

      Tableau 1 : Temps de course et valeurs moyennes.

       

      Revenons sur le Trail, et ma deuxième place derrière Jarno.
      Le départ est donné à 9h, toujours trop tôt pour moi 😉 Le tempo mené par Jarno est très soutenu dès le départ, avec des pics à 370 W sur les parties raides (~116% de PCa), donc un peu trop élevé pour moi, surtout que la réponse cardiaque était assez mauvaise (autour des 160 bpm). Surement que mon système nerveux parasympathique était encore bien en activité pour ma digestion, à cause du petit dèj pris un peu trop tard… 😉
      J’ai donc senti l’acidité et les lactates s’accumuler un peu trop précocement. Ainsi, je le laisse partir pour retrouver un rythme plus adéquat, autour des 90% de PCa, pour à la fois permettre la réutilisation des lactates, et resynthétiser la phosphocréatine bien épuisé lors du départ. Je mets quelques minutes avant de trouver de bonnes sensations en trouvant mon rythme de croisière, étant maintenant seul quelques minutes derrière Jarno.
      Les montées, relances, descentes techniques s’enchaînent bien. J’arrive à maintenir les 90% de PCa sur toutes les montées sans trop de difficultés et la réponse cardiaque est stable. Le temps passe assez vite et je peux accélérer sur la partie finale en descente pour essayer de revenir sur Jarno. Je termine finalement pas si loin, à 1’16.

      Tableau 2 : Détails des 5 montées sélectionnées pour l’analyse.

       

      Cette analyse permet de voir que j’ai encore une marge de progression dans ma gestion globale de l’effort, même si en montée j’ai pu être assez régulier autour de 90% de PCa.
      Pour être plus compétitif, je devrais être capable de soutenir une intensité plus élevé sur les montées, au moins les plus courtes, en m’approchant des 100% de PCa. Et être plus offensif dans les descentes, étant un peu sur la retenue pour me préserver…

      La moyenne de 271 W (4,2 W/Kg) sur ce trail est plutôt satisfaisante quand on voit la technicité du parcours et surtout une semaine après Chamrousse, qui m’avait bien fait mal musculairement.

      Pour conclure, ces analyses ne font que me convaincre que l’arrivée de la puissance en course à pied sera incontournable dans quelques années en trail, et je suis heureux de faire partie des précurseurs, même si les anglo-saxons sont déjà bien en avance là-dessus. Cela rend la tache beaucoup plus facile pour les entraîneurs : premièrement pour planifier les stratégies sur la tactique et le pacing des courses, et deuxièmement pour analyser et orienter l’entraînement à la bonne intensité.
      La finalité étant d’optimiser la performance ! Et c’est l’outil idéal. Actuellement, les entraîneurs fonctionnent beaucoup avec la vitesse ascensionnelle, mais on voit bien que cette vitesse est dépendante de la pente, et non directement de l’effort fourni. La puissance permet d’aller au-delà de cette problèmatique d’analyse et de pacing en trail !

      Merci aux sapeurs-pompiers de Corrençon pour l’organisation et ces belles photos !

      Liens :
      https://www.facebook.com/Lafleurduroy/

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